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La santé de demain : un aperçu au CHU d’Angers

Vivre en bonne santé et plus longtemps est depuis toujours une préoccupation et une problématique majeures de notre société. L’arrivée du numérique dans le domaine du médical nous permet de tendre vers cet objectif. Réalité virtuelle, objets connectés, robotique,… se trouvent désormais entre les murs d’un hôpital et dessinent la « nouvelle » médecine : plus connectée.

 

La santé connectée, c’est quoi ?

Télémédecine, E-santé, M-santé, Quantified Self, Santé connectée… Aujourd’hui, il est difficile de définir ce qu’est la santé connectée. Les frontières sont de plus en plus minces entre les applications numériques et les objets connectés utilisés dans le domaine du bien-être, dans celui de la santé ou encore dans celui de l’exercice de la médecine.

La définition suivante recouvre l’ensemble des termes utilisés pour expliquer ce qu’est la santé connectée. Celle-ci consiste en l’utilisation des nouvelles technologies afin d’améliorer la santé des citoyens. Ces technologies peuvent faciliter l’accès aux soins et permettent à leurs utilisateurs une prise en charge personnalisée en matière de prévention ou de soins médicaux.1

 

La santé de demain sera numérique

L’utilisation du numérique s’ancre de plus en plus dans notre quotidien, y compris dans le secteur médical. Par conséquence, l’approche de la médecine « traditionnelle » par notre société a été profondément bouleversée. Désormais, l’hôpital, les professionnels de santé et même les patients sont connectés.

Grâce aux dispositifs numériques, le rôle de l’hôpital évolue et devient plus diagnostique et interventionnelle. Le patient est plus impliqué dans le suivi de sa maladie (diabète, surpoids, maladies respiratoires, etc.). La santé du futur sera donc davantage personnalisée, prédictive et préventive.

La réalité virtuelle, la robotisation, l’IoT, le big data… sont les nouvelles compétences numériques sur lesquelles s’appuie le corps médical. Par exemple, la réalité virtuelle permet aux médecins de se préparer à une intervention ou aux apprenants d’étudier le corps humain. La robotisation peut quant à elle intervenir lorsque les médecins ont besoin d’être assistés pour améliorer la précision de leurs gestes lors d’une intervention chirurgicale complexe. Sur ce sujet, la France s’y intéresse de près, avec l’exemple de Robocath, une start-up rouennaise qui développe des dispositifs robotisés pour traiter les pathologies cardiaques.

 

La France prend le tournant du Smart Health

Selon Odoxa², pour 67% du grand public et 81% des médecins, en France, la santé connectée représente une opportunité pour la qualité des soins. Conscient de cette évolution dans ce secteur, le ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique lance en 2016, le réseau thématique French Tech #HealthTech. Composé de 24 regroupements d’acteurs économiques de la santé connectée, ce réseau a pour mission de porter l’écosystème local des startups à l’international et de promouvoir les infrastructures de santé locales.

De nombreuses start-up françaises se sont intéressées au domaine de l’e-health tech. Elles étaient d’ailleurs nombreuses à présenter leurs innovations lors de l’édition 2017 du CES de Las Vegas. Parmi elles : Aryballe Technologies et sa technologie unique de nez électronique capable de reconnaître les odeurs, Neogia et son bracelet connecté Motio HealthWear qui permet le diagnostic et le suivi de l’apnée du sommeil, Gaspard et son tapis intelligent pour prévenir les escarres des personnes en fauteuil roulant. La société SimforHealth, avait également présenté MedicActiV, sa plateforme internationale de formation via la simulation numérique.

Les innovations françaises dans l’e-health tech sont reconnues à l’international. En 2016, le MIT Technology Review, média issu de la prestigieuse Massachusetts Institute of Technology, a récompensé dix entrepreneurs français pour leur capacité à innover sur différents secteurs, dont trois dans la catégorie health tech : Doctolib, Instent et Millidrop.

 

Le CHU d’Angers, un modèle dans le Smart Health

Plus de 100 000 hospitalisations et près de 450 000 consultations par an, un budget d’exploitation de 500 M€, le CHU d’Angers compte parmi les plus grands établissements de santé français.

Dès 2016, une première mondiale s’est déroulée au CHU d’Angers en matière de smart health. Un patient éveillé, plongé dans une réalité virtuelle à l’aide de lunettes 3D, s’est vu retirer une tumeur cérébrale. Cette opération exceptionnelle a eu lieu dans le cadre d’un projet baptisé Cervo (Chirurgie éveillée sous réalité virtuelle dans le bloc opératoire).

Le patient opéré le 21 janvier 2016 est le premier à avoir participé au projet de recherche Cervo. Il était porteur d’une tumeur située près des zones du langage et des connexions visuelles. N’ayant plus qu’un œil suite à une maladie ophtalmologique, épargner son champ visuel était primordial.
Pendant l’opération menée par le Pr. Philippe Menei du CHU d’Angers, avec la collaboration de l’orthoptiste Sophie Hue, le neuropsychologue Dr Ghislaine Aubain et l’anesthésiste Dr Aram Terminasian, le patient éveillé a pu interagir avec le chirurgien et la réalité virtuelle dans la chirurgie éveillée a permis de pousser plus loin la précision de l’acte. Et donc de s’engager dans des interventions jusqu’alors inenvisageables.

Collaboration entre le CHU et l’école d’ingénieur ESIEA
Le programme Cervo a été lancé il y a 3 ans, par l’équipe de neurochirurgie du Professeur Philippe Menei du CHU d’Angers et le laboratoire Interactions Numériques Santé Handicap (INSH) dirigé par le Docteur Evelyne Klinger à l’ESIEA (École d’ingénieurs en Sciences et Technologies du numérique). Le projet Cervo vise à développer un dispositif de réalité virtuelle (comprenant des applications logicielles et du matériel) adapté à une utilisation au bloc opératoire de neurochirurgie ; l’idée étant d’immerger le patient dans des activités (tests de la cognition et du champ visuel, relaxation hypnotique) lors d’une chirurgie cérébrale éveillée.

Tester le champ visuel dans un environnement reconstitué
La première concrétisation de ce projet est un programme permettant de tester le champ visuel du patient pendant l’opération. Cette application informatique est projetée dans des lunettes 3D de réalité virtuelle (Oculus). Ces dernières sont portées par le patient qui interagit avec le neurochirurgien.
Durant l’intervention, le neurochirurgien stimule le cerveau avec une électrode. Tout comme il pouvait, jusqu’à maintenant, cartographier les réseaux du langage ou de la motricité grâce à la participation du patient éveillé, le neurochirurgien peut également localiser, et donc épargner, les connexions cérébrales des nerfs optiques dont l’atteinte conduirait à une altération définitive du champ visuel. Altération qui peut avoir des conséquences importantes sur le quotidien, comme la suppression du permis de conduire.

Ce programme de test du champ visuel a été imaginé et développé par Marc Le Renard (membre du laboratoire INSH, enseignant et ingénieur en réalité virtuelle à l’ESIEA), dans le cadre de la collaboration entre les équipes du Pr. Philippe Menei (neurochirurgie CHU d’Angers), du Dr Evelyne Klinger (Laboratoire INSH de l’ESIEA) et du service d’ophtalmologie du CHU d’Angers.

Immerger le patient dans un environnement relaxant
L’immersion et l’interaction du patient dans une réalité virtuelle, alors que le neurochirurgien opère son cerveau, permettent de tester des fonctions cérébrales plus complexes comme la prise de décision dans une situation inattendue ou encore l’exploration visuelle de l’espace. De plus, la réalité virtuelle permet d’immerger le patient éveillé dans un environnement relaxant, imprégné d’accroches hypnogènes. Cet apport est particulièrement intéressant pour la chirurgie cérébrale éveillée de l’enfant pour laquelle le service de neurochirurgie d’Angers est pionnier.

Pour rappel, la chirurgie éveillée du cerveau est pratiquée depuis les années 2000 au CHU d’Angers. Elle permet l’ablation de tumeurs cérébrales qui, dans une configuration plus classique de neurochirurgie sous anesthésie générale, seraient considérées comme inopérables.
Cette première opération dans le cadre du projet Cervo offre des perspectives nouvelles dans l’ablation de tumeurs cérébrales difficilement placées et dans la limitation de handicaps potentiellement induits par une nécessaire chirurgie. L’équipe du CHU et le laboratoire INSH de l’ESIEA ont pour objectif de poursuivre le développement de cette innovation ainsi que son déploiement vers d’autres patients.

Engagé dans la recherche et l’innovation en santé, le Centre hospitalier universitaire compte aujourd’hui, plusieurs projets novateurs, en cours de développement. Comme celui du Dr Julien Verchère. Depuis près d’un an, entre les Urgences et le SAMU, il développe une application sur montre connectée dédiée aux massages cardiaques et à installer via son smartphone.

« On s’est aperçu qu’en cas d’arrêt cardio-respiratoire, les massages effectués sont souvent de mauvaise qualité. » Il existe bien des boîtiers spéciaux pour évaluer les compressions « mais en situation réelle, on ne dispose pas de ces outils ». Pour améliorer la fréquence et la profondeur des gestes sur la poitrine, le Dr Julien Verchère, aidé de sept étudiants de l’ESEO, école supérieure d’électronique de l’Ouest, à Angers, a décidé de s’appuyer « sur l’accéléromètre de la montre pour évaluer la qualité du massage cardiaque. Grâce à la future application, un métronome indiquera le rythme à suivre et la profondeur de l’acte. »

Un premier prototype a été testé cet été, « on a noté une amélioration de la fréquence. Mais en ce qui concerne la profondeur, on a travaillé avec des urgentistes qui maitrisaient le geste ». D’autres essais seront donc nécessaires dans les mois à venir. Et si elle voit le jour, cette application sur montre connectée pourrait servir, en amont, lors de la formation des secouristes et en aval, en ornant le poignet « des maîtres-nageurs et des pompiers … »

Tourné vers le numérique, le CHU accompagnera une étude de la société Conserto en recevant durant six semaines début 2018 le robot Pepper.

Ce « compagnon hospitalier », robot humanoïde d’1m20, en résine et caoutchouc, arpentera dès janvier 2018, les salles d’attente des consultations d’anesthésie du Centre hospitalier universitaire d’Angers, dans le cadre d’une étude menée par la société Conserto.

PEPPER - THYS / AFP

PEPPER – THYS / AFP

Développé par la société japonaise Soft Bank et distribué par l’entreprise Conserto basée en Loire Atlantique, ce projet d’une durée de six semaines se donne pour objectif d’informer différemment les patients. Sélectionné dans le cadre de l’appel à projet Digital for life (*), Pepper investira un lieu où le personnel n’est habituellement pas présent : la salle d’attente des consultations d’anesthésie du CHU. « Les patients le croiseront après avoir vu la secrétaire chargée de leur accueil », souligne le Professeur Sigismond Lasocki, chef de service. Perché sur son monopode, « le robot sera propulsé par une batterie et un petit moteur et se déplacera dans son environnement grâce à des capteurs », détaille Lionel Métivier, directeur technique chez Conserto. Et Pepper s’adaptera à son interlocuteur : « Il peut reconnaître à qui il a affaire : un homme, une femme, un adulte ou un enfant

De manière interactive et ludique, ce robot sera riche d’enseignement : « Grâce à la tablette tactile présente sur son thorax et aux paroles du robot, le patient trouvera des informations en lien avec son parcours de soin, il pourra avoir des détails sur l’heure de ses rendez-vous et les modalités pratiques pour s’y rendre. » Il sera également question de l’arrivée au bloc opératoire, « du jeûn, de la préparation de l’opéré, de sa toilette ». On y trouvera également selon le Pr. Sigismond Lasocki, « la description des différentes anesthésies possibles, le réveil du patient, sa surveillance, la gestion de la douleur … ». « Il s’agira aussi de répondre à des questions que n’osent pas forcément poser les patients. Ce ne sera pas de l’info imposée. Ils seront libres de cliquer sur ce qui les intéresse et cela viendra compléter les propos du médecin et les plaquettes d’information existantes au format papier. » Et s’ils souhaitent se détendre, « jeux et actualités seront mis à disposition par Pepper ». Autant d’éléments d’information garants d’une prise en charge sereine. Et pendant que la société Conserto travaille sur l’application informatique de Pepper, l’équipe d’anesthésie-réanimation planche sur un autre défi : la prise de la tension assistée par Pepper. « Il pourrait donner l’appareil aux patients et le robot pourrait enregistrer les constantes. »

À son arrivée en janvier, Pepper restera en interne, avec les équipes du CHU. Sa mise en service auprès du public sera effective le mois suivant. Le robot humanoïde tiendra compagnie aux patients pendant 6 semaines. Et avant de prendre congé du CHU d’Angers et de repartir chez Conserto, un bilan permettra d’établir la pertinence de ce « compagnon hospitalier », d’identifier « des freins éventuels ou des accélérateurs » permettant au projet de se développer de manière plus pérenne, dans le futur, au sein d’établissements de santé. Financièrement, le projet Pepper ne coûte rien au CHU. Conserto prend en charge le développement du robot et sa maintenance. L’entreprise peut compter sur une subvention Digital for life.

(*) Porté par Images & réseaux et regroupant les CHU de l’Ouest, ce projet a été présenté l’an dernier au congrès S2CA.

 

Le CHU d’Angers et SimForHealth participent au World Electronics Forum

Le CHU d’Angers, pionnier français en matière de simulation en santé accueillera la délégation du World Electronics Forum, le jeudi 26 Octobre. Les membres WEF Angers plongeront dans cet espace pédagogique consacré à la formation initiale des futurs professionnels de santé et au développement professionnel continu.

Simulation bébé CHU d'AngersLe centre de simulation du CHU et de l’Université d’Angers, créé en 2007, est reconnu dans l’Hexagone pour la qualité et la diversité de ses formations incluant la simulation synthétique (mannequins), la simulation numérique (« serious games », réalité virtuelle, réalité augmentée, etc.), et la simulation humaine ou relationnelle faisant appel à des acteurs (consultations, annonce d’une maladie grave, etc.). L’expertise du CHU d’Angers en matière de simulation en santé repose non seulement sur un équipement de qualité et de très haute technologie mais surtout sur l’expertise de ses formateurs. Plus de 3000 professionnels et futurs professionnels viennent se former chaque année dans ce centre qui propose plus de 50 programmes de formation. Les apprenants peuvent s’exercer en particulier  à des techniques, du plus simple au plus compliqué, selon un principe éthique fondamental rapporté dans le document (état des lieux de la simulation en santé en France) de la Haute autorité de santé (HAS) : « Jamais la première fois sur le patient ».

Ce principe, c’est également le leitmotiv de la société SimforHealth, leader français dans la conception de solutions de simulation numérique dédiées à la formation initiale et continue en santé. En collaboration avec le CHU d’Angers et le Professeur Jean-Claude Granry, Président de la Société francophone de simulation en santé, SimforHealth a créé et mis à disposition sur la plateforme MedicActiV, plusieurs cas cliniques développés avec le CHU d’Angers, dans différentes spécialités médicales (endocrinologie, pneumologie, psychiatrie ou rhumatologie). En libre accès, ils participent à la formation active des étudiants de médecine et professionnels de santé.

medicactivL’utilisation de ces cas cliniques permet de devenir acteur de sa formation de façon immersive et proactive. Par exemple, un des cas cliniques du CHU d’Angers propose de découvrir le déroulement  d’une consultation d’endocrinologie avec l’aide d’un avatar, nommé Marie et âgée de 36 ans. Adressée par son généraliste pour une asthénie et une perte de poids rapide, elle consulte un cardiologue à l’hôpital. Ce cas clinique, destiné aux étudiants de médecine de 2ème cycle et 3ème cycle se déroule sur cinq consultations et permet une formation qualitative sur la prise en charge d’une jeune patiente. Les différentes consultations permettent d’aiguiser le diagnostic, de confirmer le traitement à délivrer et de connaître les possibles complications.

La simulation numérique est un véritable outil pédagogique innovant et un maillon complémentaire dans la formation des professionnels de santé.

1- SANTÉ CONNECTÉE – DE L’E-SANTÉ À LA SANTÉ CONNECTÉE – Janvier 2015, Le Livre Blanc du Conseil national de l’Ordre des médecins

2- L’ESSENTIEL EN 10 POINTS – LA SANTÉ NUMÉRIQUE EN FRANCE – Mai 2017, Business France

#WEFAngers
24-28.10.17